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Naskeo, Paris (France)
Des déchets à l’énergie, ou l’alchimiste des temps modernes

Transformer la pollution organique industrielle en énergie renouvelable ? C’est possible ! Naskeo en a fait son cœur de métier : cet alchimiste des temps modernes fait figure d’entreprise pionnière en France dans les procédés de méthanisation. Nous sommes allées à la rencontre d’Aurélien Lugardon, le jeune patron de cette entreprise dans le vent.
La méthanisation
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La méthanisation est la transformation de la matière organique (eaux usées, boues) en biogaz (méthane et gaz carbonique). Concrètement, les déchets organiques sont placés dans une cuve remplie de bactéries, en absence d’oxygène. Les bactéries se nourrissent de ces déchets et, en les digérant, rejettent du biogaz et un résidu, le digestat. Le biogaz a l’avantage de présenter un bon rendement énergétique, d’être stockable et de pouvoir être utilisé à la fois comme carburant et combustible. Le digestat, lui, est valorisable sous forme d’engrais. |
En France, un procédé encore peu courant En France, en 2004, près de 3000 tonnes de biométhane (méthane issu de la décomposition organique) ont été émises (par fermentation naturelle, les déchets en décharge et les stations de méthanisation). Sur ces 3000 tonnes, seules 143 tonnes, soit 4%, ont été valorisées en énergie, le reste étant brûlé ou …perdus dans l’atmosphère ! Or le méthane est un gaz à effet de serre nocif, 23 fois plus puissant que le CO2 à quantité égale. Mais ce gaz peut aussi constituer une source d’énergie. Deux raisons pour lesquelles le faible taux de valorisation du biométhane en France a de quoi interpeller.
L’innovation Naskeo Aux industriels qui rejettent des déchets organiques, Naskeo propose de les valoriser grâce à des stations de méthanisation innovantes.
Un site de méthanisation Naskeo
Les stations Naskeo « extraient » le méthane de déchets organiques par un procédé de méthanisation et le transforment en énergie.
Grâce aux 2 brevets déposés par l’entreprise (Proveo et Ergenium), ces stations sont à la fois plus efficaces et moins coûteuses que les autres modes de dépollution (épuration mécanique ou chimique). Ainsi, pour traiter les eaux usées, la solution Naskeo revient 50% moins cher que les traitements par les solutions classiques : station d'épuration, pompage, etc. Chapeau, les bactéries !
Les brevets Naskeo : une avance technologique certaine
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L’entreprise exploite 2 brevets, PROVEO et ERGENIUM, qui permettent d’épurer jusqu’à 90% des déchets entrants, de produire 20% de biogaz en plus et 20% de digestat en moins … Un avantage concurrentiel certain, fruit d’un étroit partenariat de recherche entre Naskeo et l’INRA. « Avant de créer l’entreprise, nous (les fondateurs) avions déjà travaillé avec l’INRA, dans le cadre de stages et de travaux de recherche. L’INRA a développé Proveo et nous avons co-développé avec eux Ergenium. Pourquoi nous ont-ils choisi pour exploiter commercialement leur brevet ? Parce qu’ils nous connaissaient, et que nous étions une start-up dont la viabilité allait dépendre de l’effort que nous allions fournir à développer le brevet », nous explique Aurélien, ingénieur de son état. |
Le savoir-faire de l’entreprise est vaste : de l’étude des besoins et de faisabilité à la conception et l’installation de la station de méthanisation, en passant par la formation et la maintenance. Une sorte de super bureau d’études. Ses clients sont des industriels qui souhaitent dépolluer leurs rejets. Beaucoup y sont tenus par la loi, mais de plus en plus d’entreprises commencent à s’intéresser à la valorisation financière de leurs déchets. Car l’électricité produite à partir du méthane est rachetée par EDF à un prix attractif (environ 140€ le MWh, quand l’électricité traditionnelle vaut entre 50 et 80€ le MWh). « Mais ce tarif de rachat n’a pas toujours été aussi avantageux pour l’électricité d’origine renouvelable », souligne Aurélien. Ce n’est que depuis la revalorisation des tarifs de rachat par EDF en juillet 2006 que l’affaire a vraiment commencé à intéresser les entreprises.
La valorisation du biogaz
Le biogaz peut être utilisé selon plusieurs modes de valorisation. On distingue trois filières:
- Energie thermique : La chaleur de combustion du biogaz peut servir pour la production d'eau chaude, de vapeur à moyenne ou haute pression, ou bien dans des fours de procédés - Energie électrique: Le biogaz peut alimenter un moteur à gaz (ou une turbine), qui produit de l'électricité - Biocarburant : le biométhane peut être utilisé comme carburant automobile (ce type de valorisation n’est pas représentée sur le schéma)

| Source : www.methanisation.info
Ca gaze pour Naskeo Aurélien peut se réjouir. Le modèle de l’entreprise a séduit aussi bien les jurys de concours de création d’entreprises ( NASKEO est le lauréat de plus de 10 concours ) que les investisseurs. « Nous avons constitué un capital de 2,7m€ », se félicite-t-il. En 2008, après seulement 3 exercices, le chiffre d’affaires approchera le million d’euros. Si l’entreprise a été bénéficiaire au premier exercice, elle ne le sera plus avant d’avoir amorti les récents investissements réalisés, notamment dans le renforcement de l’équipe. Après « avoir embauché à tour de bras », l’équipe compte 12 personnes. Un début prometteur donc !
Et après ? Pas question pour autant de se reposer sur ses lauriers. « Il faut continuellement s’adapter au contexte, c’est la clé pour rester dans la course » nous confie le jeune P-DG. En témoigne la nouvelle stratégie commerciale qui consiste à vendre des installations clé-en-main. Les projets d’avenir ? D’abord, mieux valoriser le digestat. A cette fin, l’entreprise « met le paquet sur la recherche » : 20% des charges vont à la R&D, et l’entreprise compte 4 chercheurs à temps plein dans son équipe. Plus généralement, Aurélien estime qu’il faudra fournir encore plus d’efforts pour développer un marché encore jeune. Et y conserver l’avantage de premier entrant.
En bonus, un message d'Aurélien:
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Sources :
- entretien avec Aurélien Lugardon, P-DG de Naskeo, Paris le 14 février 2008 - site web Naskeo - site Methanisation Info - site Solagro, Initiatives pour l'agriculture et l'énergie
Crédits photo: site Naskeo
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